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Raiponce

Sortis avant les fêtes, la dernière production Disney est incontestablement le succès de la fin d'année 2010, avec plus de 3 millions d’entrées au compteur. Après un retour réussi à l'animation traditionnelle, avec La Princesse et la Grenouille, les légendaires studios s'affirment dans l'animation 3D et renouent avec les innombrables histoires de princesses qui ont fait leur réputation (La Belle Au Bois Dormant, Blanche Neige, Cendrillon), avec univers féériques, royaume et châteaux aux multiples tourelles, magie, musique et chansons à gogo... tout le tralala d'un cahier des charges qui nous paraitrait presque convenu.

Walt Disney Studios Motion Pictures France

Enlevée à sa naissance pour sa chevelure magique et rajeunissante par Mère Gothel, une vieille femme n’acceptant pas de vieillir, Raiponce grandit isolée dans une tour dont elle n’a pas le droit de sortir. Alors qu’elle va avoir 18 ans, la jeune princesse, qui s’ignore comme telle, manifeste à sa « mère » son intention de découvrir le monde extérieur, et d’aller à la fête des lumières.

Très librement adapté d'un conte des frères Grimm, Raiponce a tout pour plaire et n'en demeure pas moins une princesse résolument moderne. Tout d’abord, moderne par l'animation, très réussie, fluide, avec un soin accordé aux textures très détaillées. On sent l’aide de Pixar dans le coin… Et moderne dans sa manière d’approcher les personnages. Finies les princesses nunuches à la Blanche Neige, Raiponce est une jeune femme punchie, à la recherche d’émancipation... une image plus proche de la femme d’aujourd’hui donc. De plus, la méchante Mère Gothel (doublée par Isabelle Adjani) ne dispose pas de pouvoirs maléfiques, mais s’avère terrible par son égoïsme, son hypocrisie et ses mensonges…  Les scénaristes ont donc fait le pari d’une méchanceté plus réaliste, en maniant tous les codes Disney avec réussite : humour (vidé des allusions type Dreamworks), aventures, émotion sont au rendez-vous. Des enfants, aux parents qui les accompagneront - ou pas - , chacun pourra y trouver son compte. Et comme souvent, les musiques et chansons, composées par le multi Oscarisé Alan Menken, à qui l’on doit quelques unes des plus célèbres bandes originales de film Disney (Il était une fois…, Aladdin, La Belle et la Bête, La Petite Sirène, Le Bossu de Notre Dame…) , apportent fraicheur et dynamisme. Raiponce remplit donc parfaitement son contrat, et a tous les moyens d’accéder au rang des classiques Disney.



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Raiponce - ma note pour ce film :
Réalisé par Byron Howard, Nathan Greno
Avec Matthew Gray Gubler, Maeva Méline, Mandy Moore, ...
Année de production : 2010
Los Ojos de Julia - Les Yeux de Julia

Le thriller d’épouvante serait-il devenu une spécialité espagnole ? En effet, depuis quelques années, le cinéma Espagnol affiche une certaine virtuosité en la matière. On se souvient encore de [Rec], ou bien de L’Orphelinat. Les Yeux de Julia poursuit cette lignée, avec toujours autant de réussite.

D’emblée, la première scène, la mort de Sara, nous donne le ton. Le ton d’un film où l’angoisse sera bien présente. Lorsque Julia (excellente Belén Rueda, vue dans L’Orphelinat) apprend la mort de sa sœur jumelle Sara, elle ne croit pas au suicide. Tout comme sa sœur, Julia est atteinte d’une maladie dégénérative des yeux, menant vers la cécité.  Elle mène alors sa propre enquête, et s’isole tandis qu’elle perd à son tour progressivement la vue, ce qui ne ravit pas son mari, interprété par un Lluis Homar mystérieux (lui-même aveugle dans Etreintes Brisées de Almodovar).

Au fur et à mesure que l’intrigue avance, Guillem Morales s’amuse avec un talent certain à brouiller les pistes, à nous perdre, à nous frustrer par sa caméra subjective, et à nous aveugler nous aussi, grâce à de judicieux choix de réalisation. Tout comme Julia dont il adopte le point de vue, un point de vue de plus en plus aveuglant, sa caméra nous enferme et nous isole peu à peu, nous privant notamment du visage des personnages environnants, ou filmant l’obscurité avec aisance. Le scénario multiplie les rebondissements, et les fausses pistes, pour s’achever dans un final des plus terrifiants. Si l’idée de base pourrait sembler ne pas être si originale (un parallèle pouvant être effectué avec un autre film, dont je terrai le nom, à défaut de vouloir trop en dire), Les Yeux de Julia n’en demeure pas moins un thriller noir - dans tous les sens du terme - très efficace, à la tension permanente, et à l’angoisse grandissante. Bref, un film pour tous ceux qui n’ont pas peur du noir…



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Les Yeux de Julia - ma note pour ce film :
Réalisé par Guillem Morales
Avec Belén Rueda, Lluis Homar, Julia Gutiérrez Caba, ...
Année de production : 2010
Tambien la Lluvia

Tambien la Lluvia (Même la Pluie) retrace les événements survenus en 2000 à Cochabamba en Bolivie, où des heurts avaient éclatés en raison de projet de privatisation d’acheminement et d’augmentation des prix de l’eau. La réalisatrice Iciar Bollain dépeint ces révoltes à travers le regard de Sebastian (Gael Garcia Bernal), un jeune réalisateur, et de Costa (Luis Tosar), son producteur,  tous deux venus en Bolivie pour tourner les plans de leur prochain film sur la conquête de l’Amérique par Christophe Colomb, à moindre coût. On ne peut s’empêcher de faire le rapprochement entre d’un côté la colonisation de Colomb, et de l’autre, la manière dont débarque cette équipe de film, dont les intérêts prévalent sur ceux des locaux, avant tout intéressés par les impacts que peuvent leur procurer ce tournage, et surtout soucieux de leurs problèmes.

La réalisatrice illustre avec justesse le contexte dans lequel vivent ces Boliviens, en collant au plus près de la réalité et de l’actualité, grâce à une vision parfois proche du documentaire. Cette guerre de l’eau reste aujourd’hui l’une des raisons majeures de conflits. Pour ces peuples, l’accès à l’eau est une véritable question de survie. Daniel (Carlos Aduviri), acteur bolivien volontaire pour le film de Sebastian, porte les préoccupations et revendications d’un peuple tout entier, allant jusqu’à compromettre la réussite du tournage.  Ce film trouve un écho récent dans l’actualité, lorsqu’en Août dernier, à Potosi, toute la population s’est unie, bloquant toutes les voies d’accès à la ville, pour s’opposer à la politique du gouvernement. Avec Tambien la Lluvia, qui représentera l’Espagne lors de la prochaine cérémonie des Oscars, Bollain signe une belle histoire, comme les aiment les Américains… une œuvre humaine, à la fois engagée et poétique, en n’évitant pas au final un certain manichéisme primaire. Reste que l’on ressent la démarche sincère de la conception de ce film, et c’est bien là l’essentiel.

 
Même la pluie - ma note pour ce film :
Réalisé par Icíar Bollaín
Avec Gael García Bernal, Luis Tosar, Carlos Aduviri, ...
Année de production : 2010
Adieu 2010 !

Après un an et demi de vacance, je me décide enfin à redonner vie à ce site. Le temps passé ne m’a pas empêché de me rendre dans les salles obscures. D’ailleurs, pour ce premier article de 2011, et en attendant de découvrir le cru de la nouvelle année, je vous propose mon top 10 des films de 2010.

Mais tout d’abord, que retenir de l’année 2010 ? Une année assez fade au final en terme de créativité, car une année ravagée par de nombreuses suites de franchises à succès. Toy Story, Harry Potter, Shrek, Le Monde de Narnia, Iron Man, Twilight, Saw… Toutes y sont passées ! Et celles pour qui la 3D s’y prêtait, ne l’ont évidemment pas zappée. Harry Potter ne devrait pas y couper pour son ultime volet, prévu pour Juillet prochain. D’un point de vue général, l’année 2010 restera comme l’année de l’avènement de la 3D. Certaines productions avaient déjà été distribuées en 3D en 2009. Mais Avatar a considérablement lancé et démocratisé la technologie, qui semble être partie pour s’installer durablement dans les cinémas, qui sont de plus en plus équipés. On ne peut pas dire qu’elle soit franchement indispensable pour un certain nombre de productions, et elle ne s’inscrit pas souvent dans une démarche artistique. Pour preuve, Disney a décidé de convertir Alice de Tim Burton en 3D, alors qu’il n’avait pas été tourné pour. Bref, les producteurs s’y retrouvent. Pour l’instant, 2010 nous a montré que « 3D » était davantage un argument commercial, qu’une véritable technologie au service de la création. La 3D attire le public, mais peut-être ne suscite-t-elle tout simplement que la curiosité des spectateurs ?...

Certains grands réalisateurs internationaux ont déçu. Clint Eastwood a adopté le mode « service minimum » pour un Invictus tout juste correct. Il semblerait que son prochain soit tout aussi décevant. Woody Allen n’a pas montré son meilleur à travers You Will Meet A Tall Dark Stranger. En revanche, David Fincher et Martin Scorsese ont excellé avec respectivement l’oscarisable The Social Network et Shutter Island, l’un des meilleurs thrillers psychiatriques existants. Soulignons aussi le joli succès d’Inception, tout droit sorti de l’imagination de Chris Nolan, qui a séduit critiques et public avec ce thriller de science fiction, rassemblant près de 5 millions de spectateurs. Quand une œuvre totalement originale séduit et réussit, elle mérite d’autant plus qu’on le souligne.

La fréquentation des salles se porte très bien. Après plusieurs années consécutives de fréquentation croissante, et une excellente année 2009, l’année 2010 réalise une performance record (la meilleure du XXIème siècle), touchant les très bonnes années du milieu des années 1960. En totalisant près de 205 millions de tickets vendus, l’année 2010 réalise un résultat inégalé depuis 1967 ! L’année n’a pourtant pas croulé sous les chefs d’œuvres. Bon, certes, le succès d’Avatar, sorti en 2009, mais ayant réalisé la majeure partie de sa course en 2010, y est pour quelque chose dans ces bons chiffres, avec 14 millions d’entrées, mais pas seulement. De nombreux films ont franchi la barre symbolique du million d’entrées, et sont la preuve de la bonne santé du cinéma Français en particulier. Parmi ces succès les plus notables, relevons bien-sûr Les Petits Mouchoirs de Guillaume Canet (plus de 5 millions de tickets vendus), mais également la surprenante carrière de la palme d’or Des Hommes et des Dieux avec plus de 3 millions de spectateurs. Si tous ces chiffres sont dans le vert, un autre facteur doit être pris en compte. Chaque année, le nombre de productions cinématographiques, et donc de nouveaux films projetés sur nos écrans, ne cesse d’augmenter, entraînant donc une répartition différente et plus large du public. L’offre est plus importante et attire donc un public toujours plus nombreux. Mais cette répartition n’est pas sans impact pour les petites productions, devant faire de plus en plus face à la concurrence des grosses boîtes.

Mon Top 10 :

1.       Toy Story 3 - Lee Unkrich

2.       The Social Network - David Fincher

3.       Shutter Island – Martin Scorsese

4.       The Ghost Writer – Roman Polanski

5.       Potiche – François Ozon

6.       Les Amours Imaginaires – Xavier Dolan

7.       Des Hommes et des Dieux ­– Xavier Beauvois

8.       Buried - Rodrigo Cortés

9.       Kaboom  – Greg Araki

10.   Une Exécution Ordinaire – Marc Dugain

Qu’attendre de 2011 ?

Clint Eastwood nous revient comme chaque année, avec son film annuel : Au-Delà, aux critiques réservées, débarque le 19 janvier.

Après plusieurs années à tourner au ralenti, Steven Spielberg sera plus que productif en 2011, avec deux sorties de prévues :  War Horse, prévu pour le 14 septembre permettra au réalisateur de plonger pour la première fois sa caméra au cœur de la Grande Guerre. L’adaptation de la célébrissime bande dessinée d’Hergé, Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne est attendue un mois plus tard, le 26 Octobre 2011.

David Fincher reviendra lui aussi, avec le remake Américain de la saga Millenium : The Girl With The Dragon Tatoo est attendu pour la fin de l’année.

Martin Scorsese devrait également revenir dès 2011, avec The Invention of Hugo Cabret .

Ang Lee devrait nous permettre de découvrir enfin Life Of Pi, qui devait être réalisé à l’origine par Jean-Pierre Jeunet. Sortie prévue le 12 Décembre 2011.

Et quel Pixar pour l’été prochain alors ??!! Ce sera Cars 2, dont la sortie est annoncée le 27 Juillet 2011. Vite que je m’empresse de découvrir le premier !!

Côté franchise annoncée, le monde ne passera pas à côté de l’ultime volet de la saga Harry Potter. La deuxième partie des Reliques de la Mort sortira l’été prochain, et en 3D bien évidemment ! (13 Juillet 2011).

Enfin, peut-être découvrirons-nous le nouveau Woody Allen, Midnight In Paris,  fruit de sa rencontre avec Marion Cotillard et Carla Bruni ?...

… et bien-sûr de nombreux autres films dont je ne connais pas encore le nom, mais que j’irai découvrir à l’instinct… Un synopsis qui intrigue, une affiche qui attire le regard, le travail d’un réalisateur qu’on apprécie… autant de nombreuses raisons et d’occasions pour se plonger dans les salles obscures.

Bonne et heureuse année Cinéma 2011 à tous !

 
Box Office du 08/04 au 14/04/2009

L’arrivée des vacanciers de la zone C vient rattraper un début d’avril assez terne. Pour preuve, le classement de la semaine compte 5 films millionnaires en entrées, et l’on note l’entrée de quatre nouveaux films. De plus, les productions qui poursuivent leur exploitation se maintiennent tous très bien. Chose assez rare même, deux films voient leur fréquentation stable deux semaines consécutives. Il s’agit de Monstres Contre Aliens des Studio Dreamworks, et de Gran Torino. Le film de Clint Eastwood attire le même nombre de specateurs, mais perd deux places. C'est dire qu'il y a plus de spectateurs dans les salles que la semaine dernière. La comédie gentillette, La Première Etoile, se paye même le luxe d’augmenter sa fréquentation. (+7%) Et la plus « grosse » gamelle de la semaine revient, une fois n’est pas coutume, à Coco de Gad Elmaleh, qui limite cependant la casse avec une chute de seulement 26%, mais qui cependant 4 places. Beaucoup de tapage pour un succès, qui, au final, n'est que de courte durée.  

 Bref, pour le reste, Fast And Furious 4 met le turbo, démarre en trombe… tout ce que vous voulez, avec le meilleur démarrage de la série en France. C’est assez surprenant. Le public attrape la course en vol …En une semaine, le film a réuni plus d’un million de fans de tuning, quand les précédents avaient totalisés respectivement 378 261, 804 821, 320 808 entrées en première semaine. Même si la série fait le yoyo, les critiques, en revanche, restent toujours mauvaises.

 Prédictions avec Nicolas Cage, poursuit sur une belle lancée, tout comme Safari qui franchit le million d’entrées symbolique. Joli démarrage pour Erreur En Faveur De La Banque, avec Jean-Pierre Darroussin et Gérard Lanvin. L’animation est également à l’honneur. Outre le dernier Dreamworks, Ponyo Sur La Falaise signé Miyazaki séduit 248 029 spectateurs. Cette deuxième semaine de vacances scolaires redonne des couleurs à la fréquentation des salles.


1N Fast & Furious 4
11 020 7411 020 741
2-12%Safari
2542 5891 161 803
3-16% Prédictions
2389 340854 947
4-0% Monstres Contre Aliens
2313 735628 431
5NErreur De La Banque En Votre... 
1304 692304 692
6+7% La Première Etoile
3287 8841 012 814
7N Ponyo Sur La Falaise
1248 029248 029
8-0% Gran Torino
7183 5423 093 330
9-26%Coco
4180 4192 852 696
10N Villa Amalia
1115 777115 777
 
Frost / Nixon

L’on sait Ron Howard capable du meilleur comme du pire. Trois ans ont passé depuis l’entreprise commerciale ET totalement ratée du Da Vinci Code. Aujourd’hui, nous prions pour que Anges Et Démons, dont la sortie est prévue le 13 Mai 2009, ne vienne pas compléter sa série de blockbusters bas de gamme, ainsi qu’une filmographie sans grande unité artistique. Car c’est bien l’étiquette « réalisateur de Studio » qui colle toujours un peu à la peau de Ron Howard. Il enchaîne les productions sans ne jamais laisser de personnalité à ses films, desquels ne transparaît aucune empreinte artistique. Frost/Nixon s’insère donc assez logiquement dans une filmographie ravagée par les contrastes. Et au final, le film, pourtant réussi, reste une œuvre assez anonyme, qui n’en reflète pas davantage sur la personnalité artistique de son réalisateur. Serait-ce là sa principale limite ? Car, mis à part ce questionnement artistique, mais pourtant assez fondamental, Frost/Nixon n’en demeure pas moins un film politique, voire dramatique, très réussi.

Affiche américaine. Imagine Entertainment

L’intrigue revient sur les quelques mois qui ont suivi la démission du président Richard Nixon, et plus précisément sur les interviews accordées par l’ancien président, à David Frost, animateur de talk show à succès. Au-delà même des séances d’interview, le film en profite pour aborder tous les préparatifs nécessaires à la confection de l’émission, les difficultés du présentateur pour persuader son équipe et pour trouver les financements. Mais il plane toujours, à travers toutes ces scènes, le scandale du Watergate en toile de fond et la volonté d’un homme de faire connaître la vérité au monde entier. En effet, David Frost voit ici l’occasion de confronter Nixon au procès qu’il n’a pas eu, suite au pardon de son successeur John Ford. Le président, confronté à un animateur de variété, voit lui l’occasion de se racheter aux yeux du peuple Américain, persuadé de ne pouvoir trouver adversaire plus facile que David Frost. Le bras de fer s’annonce tendu, et passionnant. Comme aime à le souligner Nixon, tous les coups sont permis…comme monopoliser le temps de réponse pour gagner des minutes, ou couper l’enregistrement de l’émission lorsque la situation commence à devenir un peu embarrassante. Ron Howard n’épargne pas tous ces « à côté », quelques petits détails anecdotiques, tout ce que l’on ne voit habituellement pas à travers le petit écran.

Ron Howard a ici une approche très globale, presque historique, souligné par une forme assez originale, en concevant son film comme un faux documentaire, ponctué de fausses interviews, afin de rendre le plus crédible possible ce qui reste pourtant une fiction inspirée de faits réels. Le réalisateur, avec un constant souci du détail, cherche à rester au plus près des faits, au dépend d’une approche émotionnelle qui ne l’intéresse pas vraiment. La reconstitution des 70’s est très réussie, soutenue par une photographie soignée et rappelant par moment le grain Technicolor. La mise en scène de Ron Howard révèle son efficacité par une interprétation magistrale et l’importance accordée aux seconds rôles. Après avoir interprétés ces rôles sur scène, Michael Sheen et Frank Langella, nommé à l’Oscar du Meilleur Acteur, se donnent la réplique devant la caméra. Ce dernier interprète avec un charisme présidentiel évident un Nixon abattu par sa propre démission. De sa froideur initiale se dégage peu à peu l’homme, qui voit en ces interviews, l’occasion d’effectuer sa rédemption. Frank Langella fait bien transparaître toutes les ambiguïtés soumises par le statut de Président, et leurs impacts sur la personnalité d’un homme. Cette approche n’est pas sans nous interpeller, que ce soit à la fois sur des sujets de forme, et de fond. Il est ici notamment question de l’impact des images à travers les médias. Nous voyons toute l’attention que Nixon porte à soigner son apparence, à connaître les limites du cadrage. Il nous rappelle un sondage effectué peu avant son élection, révélant que les auditeurs avaient été davantage convaincus que les téléspectateurs. Et sur le fond, la réflexion n’oublie évidemment pas d’aborder la question de l’immunité présidentielle. Nixon tente de se défendre en justifiant « qu’un acte présidentiel ne peut pas être illégal… », mais qu’il est toujours décidé dans l’intérêt de la Nation. Progressivement au cours des débats, les rapports de force entre l’animateur et le Président s’inversent. Mais Ron Howard ne simplifie jamais les choses. Bien au contraire, il signe un film intelligent, intéressant, et dont la portée dépasse amplement les simples conséquences de l’affaire du Watergate. Profitons donc un instant d’un bon Ron Howard.   



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Frost / Nixon, l'heure de vérité - ma note pour ce film :
Réalisé par Ron Howard
Avec Frank Langella, Michael Sheen, Sam Rockwell, ...
Année de production : 2008
Box Office du 01/04 au 07/04/2009

Et si le Coco de Gad Elmaleh n’était finalement qu’un gros bide ? En effet, même l’arrivée des vacances scolaires pour la zone A ne l’empêche pas de perdre, pour sa deuxième semaine consécutive, plus de 60% de spectateurs. Et pour la deuxième semaine consécutive, Coco se paye le luxe de réaliser la plus grosse gamelle du classement. Si bien qu’en troisième semaine, ce ne sont que 244 204 nouvelles entrées qui sont enregistrées. Et le film perd également 4 places… En fait, et si Coco ne devait finalement dire merci qu’aux places à 3,50€ du Printemps du cinéma, et au honteux matraquage médiatique de son réalisateur, qui occupe toujours autant les plateaux télé, mais pour désormais venir parler du « succès » de son film… Gad Elmaleh serait-il en train de devenir, indépendamment de sa volonté, le héros d’une comédie qu’il ne maitrise pas ?... Car toutes ses interventions deviennent absolument ridicules.

Coco aussitôt chassé de la première place du top pour notre plus grand plaisir, c’est une nouvelle comédie qui s’en empare. Safari de Olivier Baroux, réalise un bon démarrage avec plus de 600 000 entrées, mais aussi et surtout une promotion beaucoup moins écœurante que l’autre coco.

Le trio de tête est, cette semaine, occupé exclusivement de nouveautés. Les Prédictions de Nicolas Cage ne semblent pas passionner le public. Bon démarrage… sans plus. Sans plus aussi pour Montres Contre Aliens, la nouvelle production Dreamworks, qui pouvait en attendre davantage. Globalement, il semblerait que cette première semaine de vacances ne retienne pas le public dans les salles. Les gamins ne se sont pas rués non plus sur Dragon Ball Evolution, descendu par la critique.

En effet, les films qui poursuivent leur exploitation connaissent tous de lourdes chutes de fréquentation, à l’instar de Duplicity qui cède 61% d’entrées en deuxième semaine, et des 3 Royaumes de John Woo. Welcome de Philippe Lioret peinera à toucher le million. Si la comédie de Lucien Jean-Baptiste, La Première Etoile, perd 41% de fréquentation, elle atteint tout de même un joli score, avec déjà plus de 724 000 entrées, et une exploitation très discrète. Et le moins que l’on puisse dire enfin, c’est que Papy fait de la résistance dans ce classement. Gran Torino touche la barre des 3 millions d’entrées.

1
NSafari
1619 214619 214
2NPrédictions
1465 607465 607
3NMonstres Contre Aliens
1314 696314 696
4-41%La Première Etoile
2268 016724 930
5-61%Coco
3244 2042 672 277
6-40%Gran Torino
6183 6752 909 788
7NDragonball Evolution
1176 764176 764
8-61%Duplicity
2120 744430 497
9-52%Les 3 Royaums
2117 540363 830
10-45%Welcome
4102 064880 951

 
Box Office du 25/03 au 31/03/2009

Cette semaine, le box office fait part belle aux comédies, qui représentent  5 films sur les 10 meilleures entrées. Après une première semaine écrasante, Coco faiblit, en perdant 66% de sa fréquentation. Il réalise la plus mauvaise évolution de la semaine. Ce sont tout de même plus de 2,4 millions d’entrées qui sont à ce jour totalisées. Et si la barre des 4 millions, attendue par Gad Elmaleh pour rentabiliser son film, n’était pas si accessible que cela ?... Car, la concurrence va se faire rude, avec notamment la sortie ce jour de Safari, par ailleurs déjà épluché par la critique, Monstres Contre Aliens, le dernier né des Studios Dreamworks, ou encore Dragon Ball Evolution, qui occupait depuis plusieurs semaines la tête du classement des films les plus attendus des Allocinéens.

Entrée surprise à la deuxième place du top 10 pour La Première Etoile, comédie sans grande star à l’affiche. Près de 500 000 entrées pour cette première réalisation de Lucien Jean-Baptiste. La troisième place est occupée elle aussi par une nouveauté, Duplicity de Tony Gilroy. Ce retour de Julia Roberts attire 309 753 spectateurs dans les salles.

Gran Torino perd deux places, mais connaît un succès sur la longueur, en se rapprochant sûrement des 3 millions d’entrées. Très beau score pour le dernier Clint Eastwood, plébiscité à la fois par la presse et le public.

Dans le reste de l’actualité, notons les entrées, respectivement à la 5ème et 8ème place des 3 Royaumes, grand film épique signé John Woo, et du Chihuahua De Beverly Hills produit par Disney. Par ailleurs, les films en continuité connaissent tous de lourdes chutes de fréquentation…  Mais ses films connaissent chacun leur succès. Slumdog Millionaire s'en sort bien, en attirant encore 150 000 spectateurs en 11ème semaine. Meilleur score de Danny Boyle sur notre territoire, ainsi qu'à l'international. La comédie LOL avec Sophie Marceau, est aussi un succès, avec plus de 3 millions d’entrées. Philippe Lioret, réalisateur de Welcome, va faire aussi bien voire mieux que son précédent long Je Vais Bien Ne T’En Fais Pas, qui avait terminé sa carrière à 900 000 entrées. Tous ces chiffres nous montrent que le Cinéma semble ne pas souffrir de la crise. Serait-il même un refuge pour le public, tant la fréquentation des salles ne faiblit pas par rapport à l’année dernière ? (sans tenir compte de Bienvenue Chez Les Ch’tis). En effet, 12 films sortis en 2009 sont d'ores et déjà millionnaires en nombre d’entrées. 


1-66%Coco
2621 8102 428 073
2N La Première Etoile
1456 914456 914
3N Duplicity
1309 753309 753
4-37% Gran Torino
5306 4392 726 113
5N Les 3 Royaumes
1246 290246 290
6-42% Welcome
3185 073778 887
7-36% Slumdog Millionaire
11149 8312 282 534
8N Le Chihuahua De Berverly Hills
1119 666119 666
9-46% LOL
8112 5483 486 179
10-62% Marley & Moi
461 052762 008

 
Duplicity

Duplicity signe un retour en demi-teinte pour Julia Roberts. Après Michael Clayton, le scénariste de la saga Jason Bourne revient pour la deuxième fois derrière la caméra, avec ici, une comédie d’espionnage. Le potentiel était pourtant prometteur. Le résultat nous emballe beaucoup moins. En effet, Tony Gilroy complique atrocement une intrigue qui ne méritait pas tant, peinant à dynamiser un scénario un peu trop bavard. Le film est par moment assez laborieux, et ne compense hélas pas par son originalité, à l'instar de la bande originalité peu inspirée de James Newton Howard.

Formellement, la dynamique du film est très inégale. Le scénario se cherche un peu, hésite et semble manquer un peu de franchise. Tony Gilroy nous promène entre scènes de pure comédie contenant quelques répliques assez piquantes, et moments totalement loufoques (à l’image du générique), ou encore scènes de comédie d’espionnage, allant parfois lorgner vers Mission Impossible, ou encore scènes plus sensuelles et romantiques… Ainsi, Tony Gilroy survole les genres, mais sans ne jamais briller dans un, peinant systématiquement à se les approprier franchement.

L’on pourra regretter enfin que le duo formé par la talentueuse Julia Roberts, et Clive Owen, sensé pourtant porter le film, ne reste que superflu et sous exploité. Heureusement, le charme de Julia Roberts est indéniable, et reste pour ainsi dire, la principale attractivité du film.


Universal Pictures



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Duplicity - ma note pour ce film :
Réalisé par Tony Gilroy
Avec Julia Roberts, Clive Owen, Tom Wilkinson, ...
Année de production : 2009
Box Office du 18/03 au 24/03/2009

Retour du blog après quelques semaines de repos… Retour sur l’actu de la semaine, et en particulier le box office. Ce box office, marqué par une forte fréquentation cette semaine. Normal, c’était le « Printemps du Cinéma » entre Dimanche et Mardi. Et quels sont les films qui en ont le plus profité ?... Bien-sûr, Coco de et avec Gad Elmaleh arrive en tête cette semaine, assez logiquement, après un tapage médiatique presque écœurant. Il ne reste plus à espérer que c’est uniquement grâce aux places à 3,50€ que les gens se sont déplacés pour voir ce film. Que dis-je ? Un film ?... Nous devrions tous être solidaires envers Gad Elmaleh… Nous devrions tous boycotter son film, suite aux propos tenus par l’acteur sur la radio Europe1, au sujet du bouclier fiscal. Gad se plaint de payer trop d’impôts. Le mieux est simplement de ne pas aller voir son film. Comme ça, il payera beaucoup moins d’impôts d’une part. Et par ailleurs, vous économiserez  votre argent. 1 806 263 entrées pour sa première semaine, c’est beaucoup, beaucoup trop !!  1 800 000 entrées de trop. Et malheureusement,  ce ne sont pas les vacances scolaires, qui arrivent  malheureusement trop rapidement, qui lui empêcheront d'assurer une jolie carrière. Prions juste désormais que l'année 2009 ne soit pas à l'image de 2008. Il ne manquerait plus que Coco devienne à son tour le plus gros succès français de tous les temps. En tout cas, il a déjà permis à Gad d'empocher une somme honteuse, à l'image de son film, ... 2 millions d'euros.

Le Gran Torino de Papy Clint Eastwood cède la tête du podium, occupé pendant un mois tout de même, mais augmente de 20% sa fréquentation, totalisant 2 419 674 entrées. Les 3 160 000 entrées engrangées par Million Dollar Baby en 2005, son record sur notre territoire, sont largement accessibles, et surtout, seraient amplement mérités.

Continuons sur la lancée des bonnes fréquentations, avec un rebond de 15% pour Welcome porté par Vincent Lindon. Slumdog Millionaire n’en finit pas de séduire le public français. La cérémonie des Oscar lui avait déjà permis d’augmenter sa fréquentation. Cette fois, c’est le Printemps du Cinéma, qui lui assure une hausse de 30% de fréquentation.

La barre des 2 millions d’entrées est franchie. La comédie LOL profite également des réductions tarifaires. Très joli succès pour Sophie Marceau, avec déjà 3,3 millions d’entrées. Et c’est pareil, les vacances scolaires approchent, et devrait profiter au film.

 Harvey Milk se maintient pas mal également, avec seulement 8% de baisse de fréquentation et près de 500 000 entrées.

Enfin, à la dixième place, André Téchiné attire 107 837 spectateurs avec La Fille Du RER, avec notamment Catherine Deneuve et Michel Blanc.

Demandez le tableau !!!! Le voici.

1NCoco
11 806 2631 806 263
2+20% Gran Torino
4490 1962 419 674
3+16% Welcome
2319 084593 814
4+30% Slumdog Millionaire
10232 5062 132 703
5+11% LOL
7207 4393 373 631
6-13% Marley & Moi
3159 741700 956
7-18%Watchmen Les Gardiens
3138 164682 923
8-8%Harvey Milk
3123 387492 599
9-16% L'Enquête The International
2108 007237 138
10N La Fille Du RER
1107 837107 837
 
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